dimanche 19 octobre 2014




Je crois que plus je vieillis, de moins en moins de situations m'embêtent ou m'embarrassent.  Si je m'enfarge ou si je tombe, je ne regarde pas partout pour voir si quelqu'un a été témoin de ma fouille, en faisant comme si rien ne s'était passé.  J'ai plutôt le réflexe de rire.  Je ne me prends pas trop au sérieux à certains moments.  Et beaucoup trop à d'autres.  Ça ne veut pas dire que je n'ai jamais été gênée par un événement quelconque.  Ça peut même faire place à de bonnes histoires, parfois.


Les moments les plus embarrassants de ma vie :

  • J'étais en troisième année du primaire et je venais de me faire un petit ami (qui, je le dis pour la forme, me courais après depuis genre un an).  Quelques fois à la fin de la journée, juste avant de partir, je déchirais le coin d'une des pages de mon agenda et j'y écrivais «I love you!» et je lui remettais le petit mot (cucul et quétaine j'étais et je suis).  Allez savoir pourquoi, un jour, il avait décidé de garder le minuscule bout de papier dans sa main affublée d'une grande mitaine bleu marine.  Et, allez savoir pourquoi, notre enseignante a repéré ce mi-nus-cu-le, mi-cros-co-pi-que bout de papier, lui a subtilisé et a lu à haute voix le contenu (d'un ton un peu méprisant, ajouterais-je) devant toute la classe, qui a éclaté de rire.  Elle lui a demandé qui lui avait écrit ça et il lui a répondu, en toute honnêteté, que c'était moi.  Nos compagnons de classe ont rigolé encore plus fort. Mon visage devait être rouge cramoisi.  Je ne voulais pas me pointer à l'école le lendemain.  Plus tard, mes amies m'ont assuré qu'elles n'avaient pas ri, elles.  Il me semble ne pas avoir attendu bien longtemps avant de mettre un terme à cette relation.  Aujourd'hui, je trouve cette anecdote très drôle et j'en ris, mais je me souviens que sur le coup, c'était mon plus grand embarrassement à vie.
  • J'étais très embarrassée chaque fois que mon frère m'espionnait puis me faisait faire le saut tandis que je jouais dans ma chambre.  J'inventais des scénarios et les recréais avec des modèles découpés dans des catalogues et je parlais à haute voix.  La honte, chaque fois qu'il me surprenait.  Mais je ne lui ai jamais vraiment tenu rigueur pour ça et encore moins maintenant. C'était un garçon taquineur qui aimait tanner ses deux soeurs... et qui aime encore faire des jokes à l'occasion à ses amis et à sa famille
  • La fois où une de mes anciennes coiffeuses m'avait coupé les cheveux TRÈS court.  Je débutais le secondaire et je détestais déjà cette école de premier cycle.  Le lendemain de la coupe, je crois que j'ai pleuré parce que je ne voulais pas que personne ne me voit.  Mes amies ont été diplomates, mais c'est clair que c'était une horreur.  Si je me souviens bien, ma mère m'a déjà dit que cette coiffeuse avait des problèmes d'alcool.  Ça pourrait expliquer un peu.
  • Quand je croisais un autre élève de la polyvalente à l'extérieur de l'école, que je ne connaissais pas mais dont je savais l'existence, surtout s'il (ou elle) faisait partie des preps (les populaires).  Heureusement, plus j'avançais dans les grades, moins cela me préoccupait. 
  • J'ai déjà travaillé dans une boutique située dans le Vieux Québec.  Mes patrons avaient certaines règles assez ridicules, comme par exemple celle qui interdisaient aux employées de vendre quoi que ce soit qui figurait dans les vitrines.  Elles devaient demeurer intactes jusqu'au prochain relooking et ce, même si l'item en question était notre dernier exemplaire et qu'un client le voulait vraiment.  Plusieurs (des centaines) de ventes ont été perdues à cause de ça.  Et les clients s'en prenaient toujours à nous puisque c'était nous qui devions leur refuser de déplacer l'objet ou le vêtement et de leur vendre.  J'étais toujours gênée quand je devaix expliquer ça aux gens, surtout aux touristes qui venaient de loin et qui ne reverraient probablement jamais un article semblable de leurs vies (plusieurs produits étaient made in Québec).  Mes collègues et moi avons plusieurs fois tenté de négocier avec les boss, mais ils n'ont pas vraiment lâché.  Durant les derniers mois pendant lesquels j'y ai travaillé, ils faisaient une liste des items des vitrines que nous pouvions vendre, mais nous n'avions pas le droit de toucher aux autres.  Je me souviens d'une fois en particulier où une cliente a vraiment pété sa coche devant moi, et j'étais seule à ce moment-là dans la boutique, mis à part quelques autres clients.  Elle m'a obstinée, je lui ai expliqué, lui disant que je trouvais ça ridicule moi aussi, que ce n'était pas mon idée, mais elle est quand même partie en criant et, rendue sur le trottoir, elle a hurlé «Allez pas là, ils veulent pas vendre!».  Je me suis contentée de sourire aux autres personnes présentes dans le magasin, qui eux, ne parlaient pas français.  J'avais juste l'air de la méchante vendeuse.
  • Il y a environ cinq ans, j'avais développé un crush sur un des amis de mon ex.  C'était surtout une attirance physique.  Lors d'un petit party improvisé, l'alcool aidant, je me suis fabriqué une espèce de confiance en moi et j'ai décidé de faire mon move.  Je restais près de lui et je participais à ses discussions.  À un moment donné, j'ai eu l'audace de me mettre à lui passer une de mes mains dans le dos.  Il n'a rien fait sur le coup, mais il devait être mal à l'aise puisque oui, mon ex était présent à cette soirée (aucun tact, la fille, et pas brillante non plus).  Plus tard, j'ai suivi le dude en question à l'ordinateur et tandis quil cherchait la prochaine chanson à faire jouer, j'imagine, je me suis penchée vers lui, juste pour me rapprocher.  Il s'est alors tourné vers moi m'a dit, d'un ton ferme : «Ça arrivera pas».  C'était la première fois qu'on me revirait de bord de façon aussi solide (mais pas la première fois qu'on me revirait de bord, je vous rassure).  Une chicane a suivi entre mon ex, lui et moi.  J'ai quand même continué à lui faire quelques avances, mais lui ne voulait rien savoir de cette fille au comportement agaçant, et avec raison.  Cette nuit-là, je me suis humiliée moi-même et j'ai agi comme une merde.  Le lendemain matin, j'étais HORRIFIÉE.  Je le suis encore des fois, quand j'y repense.  Mais bon, cet épisode n'a pas trop affecté notre amitié par la suite.  J'étais pourtant convaincue qu'il ne me reparlerait plus jamais.
  • La soirée - celle d'hier - où j'ai renversé la moitié du contenu de mon verre de vin sur un livre qu'un auteur (que je rencontrais pour la première fois, Daniel Grenier pour ne pas le nommer) présentait car il l'avait beaucoup aimé, c'est-à-dire Pour sûr de France Daigle.  En m'excusant, j'ai accroché une seconde fois mon verre, donc le restant du vin a éclaboussé sa copie d'un livre de Don DeLillo et un peu son exemplaire emprunté à la bibliothèque de Le mur mitoyen de Catherine Leroux.  J'étais pétrifiée.  J'ai dû m'excuser 87 fois.
  • Toutes les fois où j'avoue ne jamais avoir pris l'avion.

Étrangement, je n'ai pas été gênée lorsque...

  • une gastro-entérite m'a férocement arrachée à un souper familial se déroulant chez une de mes tantes.  Pendant que tout le monde s'empiffrait, moi je vidais ma vie.  Il faut croire que je pensais à autre chose et que je n'avais pas le temps d'être humiliée...
  • mes jeans se sont déchirées de la fourche au mollet en plein milieu d'une soirée de danse endiablée.  Je l'ai pris en riant.  Et une chance que mon amie Julie y était, et qu'elle avait une brocheuse dans son sac d'école!  Elle a temporairement réparé mon pantalon pour que je puisse terminer la soirée.  Je me suis moins donnée sur le dance floor après coup...
  • je n'ai jamais vraiment caché le fait que je souffre de troubles mentaux et de personnalité.  Peut-être qu'au début je ne l'annonçais pas d'emblée (remarquez que ça ne fera jamais une bonne introduction : «Bonjour, je suis dépressive chronique!  Comment allez-vous?»).  À ce propos, il m'est arrivé quelque chose d'assez comique.  Il y a quatre ou cinq ans, j'avais eu une date avec un jeune homme plutôt excentrique avec lequel je correspondais sur Facebook (oui, oui...  Il m'avait abordée d'une façon très originale alors j'avais décidé qu'il méritait que je lui réponde).  Nous nous étions donné rendez-vous au carré D'Youville.  Cinq minutes à peine après le début de notre promenade, il a lâché une joke inoffensive sur «les fous de Robert-Giffard», sans savoir que j'y avais effectué deux séjours.  C'est un hôpital psychiatrique assez connu, donc la farce était facile et j'en ai sûrement déjà raconté moi-même avant d'y aller (peut-être même après... faut en rire), mais je ne lui ai rien dit, je me suis contentée de lui sourire.  Dans ma tête, je riais un peu (pour ceux qui sont curieux, ça s'est pas mal arrêté là, lui et moi, mais ce n'est pas parce qu'il m'avait offusquée).  Mais là, je n'ai pas de malaise à en parler. 
  • un ancien amour et moi avons été applaudis en entrant dans le McDonald's pour FINALEMENT rejoindre notre gang d'amis.  Nous avions pris du retard sur le chemin entre le pub étudiant que nous quittions et le restaurant pour échanger quelques baisers (rien de plus, je vous jure)...  Lui a peut-être ressenti un certain malaise devant toute cette attention à notre arrivée, mais moi j'en étais presque fière.  C'était le début d'une histoire qui m'a habitée longtemps.
  • J'assume la quantité impressionnante de toutous qui occupent mon appartement (et mon ancienne chambre chez mes parents).  Des fois, j'avertis ceux et celles qui me visitent pour la première fois et ne sont pas au courant de mon penchant pour les peluches, mais je ne les cache pas, elles sont même bien en évidence.  Elles font partie de ma décoration.  Et je nous ai créé un univers, chacune porte un nom, la plupart ont une personnalité bien à elle...  À peu près tout le monde réagit très bien (en fait, j'ai pas d'exemple d'une personne m'ayant fuie pour cette raison...  À moins que ce soit demeuré secret!), et j'ai même réussi à embarquer les hommes que j'ai fréquentés et qui ont passé un nombre acceptable d'heures chez moi dans cette petite folie.  Certains se sont mis à les faire parler, à leur parler, à jouer avec elles...  C'est chou et craquant.


lundi 29 septembre 2014




Un de mes lecteurs, Dominic Sauvé, m'a suggéré de faire une liste de choses auxquelles je crois.  Je vous retransmets sa proposition exacte:

«Salut, j'pensais à ça l'autre fois... Je pense que ça serait intéressant que tu fasses une liste des choses auxquelles tu crois. Croire dans le sens de croyances. Dans le sens de quelque chose de pas prouvé ou prouvable, mais que tu crois quand même. Des croyances qui influencent certaines positions et décisions. En tous cas, moi ça m'intéresse.»

J'y ai pensé.  Et j'ai pu constater encore une fois qu'il est difficile pour moi de formuler des éléments de façon positive.  Tout ce qui me venait en tête était des «Je ne crois pas en...», «Je ne crois pas à...», «Je ne crois pas aux...».  Et j'ai eu beaucoup de misère à trouver des trucs auxquels je crois.  Je me suis trouvée vide et pessimiste.  Mais je me suis forcée.  Je ne sais pas si c'est vraiment ce qui t'intéressait à la base, M. Sauvé, mais j'en suis venue à ça :


Je crois...
  •  à la famille.  Sans la mienne, sans mes parents, je ne serais tout simplement plus là.  Ça sonne sans doute cliché, mais c'est la vérité.
  • à tout ce qu'écrit et dit Catherine Mavrikakis.  Ça me rejoint.  Cette femme, il faut la lire.  Ses souvenirs, son passé, et la façon qu'elle a de les raconter, sont secouantes.  Ses idées, grandioses, inspirantes et à point.  Son attitude est à envier.   Je l'adore.
  • au pouvoir des mots.  Ils peuvent flatter, énerver, blesser, détruire, intriguer, laisser indifférent, mentir, révéler, libérer, clarifier, embrouiller, confondre, amuser, embêter, faire rire, provoquer des éclats, déstabiliser...
  • aux bienfaits de la zoothérapie.  Bon, plusieurs études ont été faites à ce sujet et pas mal toutes s'entendent pour en vanter les bénéfices.  Et j'y crois très fort.
  • que notre époque n'est pas pire qu'une autre.  Chacune a connu ses succès et ses échecs.  Les inventions, le progrès, la bêtise humaine, la corruption, tout y a été et tout y est tout le temps.  Andrew W.K. l'a si bien écrit : «But the truth is, the world has always been and always will be on the brink of destruction».  Il me semble qu'on innove de moins en moins, on améliore plutôt.  Chaque objet, technologie ou phénomène est simplement remplacé par un autre, peut-être plus avancé ou «tendance».  Tout se répète, tout découle de quelque chose qui a déjà existé.  Mais d'un autre côté, je me dis qu'il reste des ajouts complètement nouveaux à appraître. 
  • à l'amour.  Oui oui.  J'en ai été témoin à plusieurs reprises et je l'ai moi-même vécu quelques fois.  Par contre, je ne crois pas à l'amour éternel.  Je sais que l'amour peut mal tourner, ou que l'amour se modifie parfois.  En bout de ligne, c'est Frédéric Beigbeder qui a raison : L'amour dure trois ans (roman paru chez Grasset en 1997; adaptation cinématographique sortie en 2012). 
  • que sexe et amour ne vont pas forcément ensemble.  Le désir exclusif porté vers une seule personne me semble utopique.  Il est possible, selon moi, d'être attiré par quelqu'un dont on n'est pas amoureux.  Je crois qu'il est aussi possible en couple de vouloir une tierce personne sans pour autant cesser d'aimer son/sa partenaire.
  • à l'art.  Sous toutes ses formes.
  • à l'amitié.  Ça supporte, ça fait rigoler.  C'est un partage, des expériences.  Et ça peut durer toute une vie.
  • que les religions devraient se vivre de façon individuelle.  Chacun devrait pouvoir croire en ce qu'il veut tout en respectant les autres.
  • que l'eau potable devrait être gratuite et accessible à tous.  Qu'elle ne devrait pas devenir un produit ou une marchandise.
  • aux avantages du transport en commun.  
  • au concept du covoiturage
  • à la participation des médicaments dans le traitement de la dépression, la bipolarité et bien d'autres troubles mentaux.  Attention, je n'insinue pas que ça règle tout.  Mais ça peut aider.
  • au sucre.  Naturel ou artificiel.  Il en faut dans la vie.









dimanche 7 septembre 2014



Dernièrement sur Facebook, il y a une espèce de chaîne qui circule, un peu comme les chaînes de lettres dans le temps sur Hotmail et tout, mais en plus pertinent et intéressant.  Il s'agit de dresser la liste des dix livres qu'on a le plus appréciés et/ou qui nous ont le plus marqué.  Ça amène des suggestions pour les autres, et ça nous rappelle de bons moments de lecture!  En fait, je ne sais pas pourquoi je ne l'ai pas fait avant.  Comme je suis incapable de trancher dans la vie, voici ma liste, sans aucun ordre précis, composée de vingt-quatre titres : 


Mon top de livres :


  • Un long dimanche de fiançailles, Sébastien Japrisot
  • Karoo, Steve Tesich
  • Nadja, André Breton
  • L'Amant de la Chine du Nord, Marguerite Duras
  • Kamouraska, Anne Hébert
  • Pomme S, Éric Plamondon
  • Et au pire, on se mariera, Sophie Bienvenu
  • La nuit sans fin, Thierry Horguelin
  • Anima, Wajdi Mouawad
  • Les sangs, Audrée Wilhelmy
  • L'éternité en accéléré, Catherine Mavrikakis
  • Ceci n'est pas une histoire de dragons, Mathieu Handfield
  • Keith me, Amanda Sthers
  • la série Scott Pilgrim, Bryan Lee O'Malley
  • Il faut qu'on parle de Kevin, Lionel Shriver
  • Le Cercle Violet, Daniel Sernine
  • Microfictions, Régis Jauffret
  • Le monde selon Garp, John Irving
  • J'écris parce que je chante mal, Daniel Rondeau
  • Millénium 1 - Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, Stieg Larsson
  • L'Île des gauchers/Autobiographie d'un amour/Mademoiselle Liberté, Alexandre Jardin 
  • Les Hauts de Hurlevent, Emily Brontë

Si l'envie vous prend, vous pouvez vous aussi partager vos livres fétiches dans les commentaires.  Même si ce n'est qu'un seul titre!





mardi 2 septembre 2014





Je me suis couchée par terre j'ai laissé le chat faire le tour de mon corps il est resté à ma tête j'ai mal à la tête.  
Puis il s'est installé sur mes cuisses je l'ai senti ronronner j'ai regardé le plafond avec mes yeux de myope j'ai à peine distingué les carrés.

J'ai fermé mes paupières.  Bougé mes orteils.  Palpé mes côtes.  Mes membres se sont raidis.  Et relâchés.  Raidis.  Et relâchés.

Je n'ai jamais été certaine de l'efficacité du projet.  Ensuite je me suis rappelé que j'en avais rien à foutre, de l'efficacité de ce projet.

Je me suis levée le chat il m'a suivie s'est étendu quand je me suis assise.
Je n'ai pas pensé je n'ai pas pensé je n'ai pas pensé je n'ai pas voulu y penser.

Je n'ai même pas l'audace de sortir.  Essayer.  Respirer dehors.  J'ai tout annulé aujourd'hui.  J'ai prévu me reprendre demain.





dimanche 31 août 2014





Et si un jour ça ne m'arrive pas, je l'inventerai.  Je me le raconterai.  La fiction m'apaise, la fiction me vivifie.  La fiction me préfère, je préfère la fiction.

J'ai une boule au fond de moi.  Lourde, paralysante.  J'anticipe, je crains quelque chose mais je n'en connais pas la teneur.  Ça m'effraie.

Il pleut.  Avec un angle.  Je regarde par la fenêtre, observe la constance de l'intempérie.  À cet instant précis, j'envie cette régularité.  Je ne peux pas me prononcer sur d'autres heures.

Il ne pleut déjà plus à la diagonale.  Je ne distingue qu'une simple bruine, raide.  Je ne profite pas du temps.  Je ne le remplis pas assez. 

J'ai des raisons d'être en colère.  Sans doute ne sont-elles pas justifiées.








jeudi 28 août 2014




J'abuse du sucre.  Comme dans vraiment trop abuser.  Je ne fais rien de ce dont mon corps a besoin.  Tant pis pour lui.  Je ne veux pas me surveiller.  Compter.  Me restreindre ou me retenir.

Parfois, souvent, je ne sais pas quoi faire pour me divertir.  Rien ne me tente.  Je ne sors même pas de chez moi si je n'ai pas d'engagement ailleurs.  Je reprends beaucoup de choses, genre encore regarder un film déjà visionné, laver mes vêtements à l'infini, au lieu de me pencher vers de nouvelles expériences.  Cette semaine, ma créativité s'est à peu près limité à rafistoler des bijoux cassés.  Encore là, je n'ai rien fabriqué, j'ai simplement réparé des accessoires abîmés.  Même ce texte ne me semble qu'être une copie d'autres billets publiés ici.

Je me suis remise à creuser mes jambes.  Comme dans disséquer et arracher les poils.  Ça fait mal.  Ça saigne, ça change de couleur.  Je n'avais presque plus de cicatrices, avant l'été.  Belle obession.  Il n'y a pas vraiment de truc pour arrêter ce comportement, pas que je connaisse en tout cas.  À part peut-être le self-control.  Ce que je ne maîtrise pas très bien.  Ou les pilules contre l'angoisse.  Ça peut sûrement aider.

J'aimerais plus de tout.  




   

mardi 29 juillet 2014






Je ne comprends pas pourquoi, quand on nous apprend quoi faire avant de traverser la rue, on nous dit de regarder à gauche, puis à droite, une autre fois à gauche, et ensuite d'y aller.  Et si un véhicule arrivait de la droite tandis que nous regardions à nouveau à gauche?  Si on suit cette logique, par contre, s'ensuivrait alors une interminable série de coups d'oeil dans les deux directions.

Je ne saisis pas tout à fait comment on peut en être rendu là avec les ITS (infections transmises sexuellement).  C'est moi ou avant il y en avait moins de «sortes»?  Ou bien c'est simplement qu'on ne les avait pas encore «trouvées»?  Aussi, il me semble que ça devient de plus en plus compliqué de se protéger correctement.  Il n'y a pas que la pénétration qui peut être risquée; un seul contact des muqueuses peut causer une infection.  Mes profs ne nous ont jamais parlé de ça dans nos cours de sexualité et de FPS (formation personnelle et sociale).  De nos jours, on enlève ce genre d'éducation au cursus académique des jeunes.  Moi je dis qu'on devrait montrer des photos de lésions et de tout autre symptôme apparent des différentes maladies à tous ceux qui sont sur le point d'avoir une vie sexuelle, et même à ceux déjà actifs sexuellement (la syphilis et l'herpès suffiront, je crois), tout en leur rappelant que certains symptômes ne sont pas apparents, mais qu'un individu peut tout de même être contaminé et passer le tout à son ou ses partenaire(s).  Ça ferait peut-être baisser les statistiques.  Et je me dis que je ne dois pas être la seule qui aimerait bien s'amuser sans inquiétudes.

Je ne me rappelle jamais vraiment ce qui a provoqué le conflit qui déchire les Israéliens et les Palestiniens.  J'ai bien lu quelques résumés et tenté d'analyser certains arguments, je perds toute connaissance acquise sur le sujet à chaque fois qu'il en est question à nouveau.  Je ne pourrais pas détailler la chronologie des événements.  Une chose dont je suis certaine est que cette guerre a coûté la vie à trop d'innocents.

Je ne m'explique pas la politique, les élections, les lois, le fonctionnement de tout ça.  Je suis mieux renseignée qu'avant, remarquez.  Mais en gros, dans ces domaines, je suis ignorante.

Je ne tolère pas la violence, l'intimidation, la culture du viol, la cruauté envers les animaux, l'injustice, mais devant la plupart de ces situations, je ne sais pas comment agir concrètement pour contribuer à faire disparaître ces réalités.

Je me demande parfois ce qui serait différent si je n'étais pas malade.

J'ignore ce qui s'est passé entre le moment où tu m'as dit que tu m'adorais et ces heures-ci.

J'aimerais connaître le nombre de personnes qui se font arnaquer avec les concours bidons et les croisières dites gratuites dont on nous fait part par téléphone.

Qui a décidé que les bébés n'aimaient pas le noir?

J'apprendrai.  Je trouverai, je maîtriserai.  Pas tout, mais des bribes.  Ou j'arrêterai de me poser trop de questions.  Je ne sais pas.  Je verrai.  J'en reviendrai.